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Aqueduc de Douhet en Charente-Maritime

Patrimoine classé Patrimoine hydraulique Aqueduc gallo-romain

Frise chronologique

Antiquité
Haut Moyen Âge
Moyen Âge central
Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
100
200
300
400
500
1900
2000
vers 20 ap. J.-C.
Construction initiale
fin Ier–début IIe siècle
Extension de l’aqueduc
IVe siècle
Abandon du système
1968
Tracé complet établi
2010
Découverte d’un troisième aqueduc
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Abel Triou - Archéologue A établi le tracé complet en 1968
Jean-Louis Hillairet - Archéologue (Inrap) Découvrit le troisième aqueduc en 2010
Marcel Bailhache - Expert en hydraulique Estima les débits en 1979

Origine et histoire

L’aqueduc romain de Saintes, incluant la section de Douhet, fut construit vers l’an 20 sous la dynastie julio-claudienne pour alimenter Mediolanum Santorum (Saintes) en eau potable. Il approvisionnait les thermes (Saint-Vivien, Saint-Saloine) et des fontaines publiques, avec un trajet combinant tunnels, rigoles et ponts-aqueducs. Son fonctionnement cessa au IVe siècle, et ses pierres furent réutilisées pour d’autres constructions. Aujourd’hui, seuls subsistent des vestiges souterrains, deux piles du pont-canal, et des bases de piles, tandis que l’eau circule à l’air libre sur une grande partie de son parcours.

Trois sources principales alimentaient l’aqueduc : Font Morillon (Fontcouverte), active depuis la protohistoire et canalisée par les Romains dans un bassin semi-circulaire de 3 m de diamètre ; Grand Font (Douhet), dont le canal double celui de Font Morillon sans le rejoindre ; et la source du Moulin (Vénérand), exploitée ultérieurement. Ces sources, encore actives, furent aménagées avec des lavoirs aux XVIIIe–XIXe siècles. Leur débit initial était estimé entre 3 000 m3 (Font Morillon) et 19 375 m3 (jonction Douhet-Foncouverte) par jour, réduit par les dépôts calcaires en fin d’exploitation.

L’aqueduc se caractérise par des canalisations en U ou carrées (60 cm de profondeur, 30–40 cm de largeur), adaptées à une pente minimale de 0,08–0,1 %. Son trajet de 20 km alternait galeries souterraines (creusées dans la roche), dalots à ciel ouvert, et ponts-aqueducs, dont un de 160 m de long et 20 m de haut près de Fontcouverte. Les Romains surélevèrent les fonds du second aqueduc (fin Ier–début IIe siècle) pour l’adapter au relief, sans refaire les franchissements existants. Des vestiges sont exposés au Musée archéologique de Saintes, et des fouilles récentes (depuis 2003) ont révélé un troisième aqueduc superposé.

Les recherches archéologiques débutèrent au XVIIIe siècle, avec des figures comme Abel Triou, qui reconstitua le tracé complet en 1968. Depuis 2012, un comité associant communes, DRAC et sociétés savantes œuvre pour la préservation et l’ouverture au public des vestiges. Les dépôts calcaires et alluvionnaires, accumulés sur les parois, avaient divisé par deux le débit d’eau en fin d’utilisation. Le système de siphons vers les thermes de Saint-Saloine (rive gauche) reste cependant non localisé.

L’aqueduc illustre l’ingénierie romaine en Saintonge, combinant exploitation des failles naturelles (comme à Grand Font, utilisée dès la protohistoire) et techniques de construction avancées. Son abandon au IVe siècle coïncide avec le déclin des infrastructures urbaines romaines. Les sources, toujours actives, furent réaménagées au Moyen Âge pour alimenter châteaux ou moulins, puis en lavoirs aux XVIIIe–XIXe siècles, témoignant d’une continuité d’usage hydraulique sur deux millénaires.

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